Numéro 1 belge, 68e mondial, patron d'académie et partenaire de Dylan Guichard. Entretien avec un joueur pour qui le classement n'a jamais été une finalité.
Numéro 1 belge et 68e mondial au moment de notre échange, Clément Geens s'est installé depuis plusieurs années dans le paysage du padel international. En France aussi, son visage est loin d'être inconnu. Le Belge a partagé la piste avec de nombreux joueurs français et évolue aujourd'hui aux côtés de Dylan Guichard, avec qui il réalise l'une des meilleures saisons de sa carrière.
J'ai eu l'occasion d'échanger quelques minutes avec lui. Un échange rapide, mais suffisamment riche pour aller au-delà du numéro, justement. Derrière le classement et le statut de meilleur joueur belge, on découvre un homme qui garde beaucoup de recul sur sa carrière, très investi dans son sport, mais qui tient surtout à rester lui-même.
Numéro 1 belge, un statut finalement secondaire
Être numéro 1 de son pays pourrait représenter une forme d'accomplissement. Lui, relativise rapidement. Il apprécie évidemment la reconnaissance, notamment lorsqu'il est identifié dans les clubs belges, et souligne la bienveillance des personnes qui viennent à sa rencontre. Mais il ne veut pas que ce statut change celui qu'il est.
Numéro 1 belgeTrès clairement, cela m'importe peu, même si ça fait toujours plaisir et que c'est gratifiant. J'ai envie d'être une bonne personne au quotidien, d'être disponible, un parrain présent et de rester simplement qui je suis.
Une réponse qui résume assez bien sa philosophie. Le classement compte, forcément, mais il ne semble pas vouloir en faire une finalité. Il préfère profiter des belles choses que le padel lui apporte et garder conscience de la chance qu'il a de faire ce qu'il aime.
Une vie bien remplie en dehors du circuit
La vie de Clément Geens ne se limite pas aux entraînements, aux voyages et aux tournois. En parallèle de sa carrière, il travaille pour Padel Wallonie-Bruxelles, possède la GAP Academy au sein d'Eleven Padel et est également actionnaire du club. Un quotidien particulièrement chargé qu'il doit concilier avec les exigences du circuit international.
La GAP AcademySur ce point, Clément ne cache pas les difficultés :
Il y a trop de tournois et le système de points pousse les joueurs à beaucoup jouer.
Malgré une attention particulière portée à son hygiène de vie, il lui arrive de terminer certaines compétitions épuisé avant de devoir reprendre immédiatement ses autres activités. Mais cette double vie lui apporte aussi un équilibre : « Je pense que d'avoir d'autres activités m'enlève aussi de la pression. »
Le padel belge progresse, mais il manque encore une étape
En tant que numéro 1 national, Clément possède forcément un regard particulier sur l'évolution du padel en Belgique. Il se montre positif sur les projets mis en place pour les jeunes et constate une progression générale du niveau, même s'il rappelle que cette évolution existe aujourd'hui dans beaucoup de pays.
Équipe nationalePour lui, le prochain cap est assez clair :
Il nous manque simplement des joueurs avec un projet pro. Des joueurs qui voyagent et s'entraînent de manière plus professionnelle.
Le potentiel existe, mais pour voir davantage de Belges s'installer sur le circuit international, il faudra selon lui que de nouveaux joueurs fassent réellement le choix d'un projet entièrement tourné vers le haut niveau.
Le « plus Français des Belges »
Clément entretient également depuis longtemps une relation particulière avec le padel français. Il a joué avec de nombreux Français au cours de sa carrière et s'est progressivement fait connaître du public tricolore, au point d'être parfois présenté comme « le plus Français des Belges ».
Une reconnaissance qu'il apprécie : « Forcément, c'est très valorisant et je remercie toutes les personnes qui nous suivent, ça fait super plaisir. » Et ce lien avec la France est aujourd'hui encore plus fort puisqu'il partage la piste avec Dylan Guichard.
Dylan, bien plus qu'un partenaire
Clément et Dylan avaient déjà tenté l'aventure ensemble par le passé, sans réellement obtenir les résultats espérés. Un an plus tard, ils ont décidé de reformer leur paire. Cette fois, les performances ont suivi et Clément ne cache pas l'importance de cette saison :
Cette année, c'est tout simplement la meilleure saison de nos deux carrières.
Avec Dylan Guichard, n°1 françaisMais derrière les résultats, leur relation va beaucoup plus loin.
Au-delà du terrain, c'est avant tout un ami que je garderai toute ma vie, quoi qu'il arrive dans le padel.
Dans les moments où Clément se sent moins bien ou n'est pas à 100 %, cette amitié devient même une force supplémentaire : avoir Dylan à ses côtés lui donne envie de se battre davantage, pour lui-même mais aussi pour son partenaire.
Voir jusqu'où l'histoire peut aller
Lorsqu'on lui demande ce qu'il souhaite encore accomplir, Clément ne parle ni de Top 50, ni d'un classement précis à atteindre. Ce qui continue de le faire avancer, ce sont d'abord le jeu, la compétition et les émotions ressenties sur une piste.
Personnellement, je joue parce que j'aime ça. J'aime la compétition et les émotions qu'on peut ressentir sur le terrain. Je n'ai pas d'objectif de classement ou autre, j'ai simplement envie de voir jusqu'où je peux aller sans me mettre de limite et faire de gros matchs sur de grands terrains.
Une réponse qui résume finalement bien Clément Geens. Les chiffres racontent une partie de son parcours, mais certainement pas tout.
Alpine Paris MajorAu-delà du numéro, il y a un joueur qui veut continuer à avancer sans se fixer de plafond, un homme qui tient à rester lui-même et pour qui les rencontres faites en chemin semblent compter autant que les résultats.